"J'ai l'intention de voter aujourd'hui, parce que c'est mon droit et que je n'ai jamais voté jusqu'ici. Mais le système électoral ne m'inspire pas grande confiance", déclarait un jeune pasteur, Daniel Ikenna.
"Le suffrage du citoyen ordinaire n'est pas nécessaire pour décider qui remporte les élections dans ce pays", ajoutait-il en lisant un journal devant un bureau de vote dont le matériel n'était pas encore arrivé.
Les dispositifs de sécurité étaient beaucoup plus stricts que lors des élections de la semaine dernière pour les postes de gouverneurs et les assemblées régionales, marquées par des fraudes et des manoeuvres d'intimidation qu'ont dénoncées électeurs et observateurs.
Rivers est l'un des trois Etats pétroliers du Delta du Niger affectés depuis longtemps par des irrégularités électorales, des actes extrémistes et criminels.
Des dizaines de policiers, certains en tenues anti-émeute, montaient la garde devant les bureaux de la commission électorale. Des minibus acheminaient du matériel électoral sous escortes armées et des soldats contrôlaient chaque véhicule aux nombreux barrages routiers en place dans la région.
AFFAIRE ENTENDUE?
Mais, tout comme la semaine dernière, urnes et bulletins sont arrivés avec retard. Une heure après l'ouverture théorique des bureaux, on ne votait nulle part dans la capitale de l'Etat, Port Harcourt.
La radio privée Rhythm FM signalait des retards dans l'ensemble de l'Etat de Rivers.
"Je m'inquiète de la façon dont ils manipulent le matériel. Ils devraient déjà être ici. Dieu seul sait ce qu'ils fabriquent avec tout ça en ce moment", confiait Thompson Lugbe, étudiant en droit qui faisait le pied de grue à Aggrey Road (Port Harcourt).
L'une des formes de trucage pratiquées au Nigeria est le fait de voyous au service de tel ou tel parti qui volent des urnes et des feuilles de résultats, bourrent des urnes et falsifient des calculs.
Certains habitants ont exprimé la volonté de voter pour faire évoluer la situation après des années de pouvoir exercé par le Parti démocratique du peuple (PDP), tout en doutant que leur mobilisation pèse sur l'issue du scrutin.
"Il faudrait maintenant essayer un autre parti, qui réussirait peut-être là où le PDP a échoué. La semaine dernière, quantité de choses laides ont eu lieu, comme le sait chaque Nigérian. Nous pouvons seulement prier pour que ce soit mieux aujourd'hui", déclarait Cyprian Ukpa-Chukwu, négociant.
Pour Sebastian Uchenna-Okpala, diplômé en sciences politiques, les insuffisances logistiques sont une simple apparence et les vraies décisions étaient déjà prises:
"On peut truquer un scrutin avant, pendant et après. Celui-ci est déjà joué."